segunda-feira, agosto 12, 2013

Cécile afrancesando o indomável Marcelino Freire

BELINHA

On dit qu'il manque toujours un mot et c'est vrai. Durant toutes ces années, je sais que oui, qu'il manque toujours un mot, c'est vrai. Vraiment. Alors je me suis mis à la recherche de Belinha, après 50 années, 50 années pour lui dire ce mot. Il manque toujours un mot, c'est une vérité vraie. Et moi je suis allé dire à Belinha ce mot.

J'ai enfilé mon costume, mis mon chapeau et je suis sorti. J'ai filé. Comme à l'époque où je suis tombé amoureu d'elle. Moi, je n'avais jamais pensé qu'un amour comme celui-ci aurait pu me perdre, me rendre presque fou. Un grand amour. Un amour pour la vie. Voilà. J'ai enfilé mon costume, mis mon chapeau et j'ai pris le bus jusqu'à Santo Inácio. Une jeune fille s'est assise à côté de moi, et c'était une jolie jeune fille. Ah, et son parfum sentait très bon, j'ai beaucoup parlé avec elle, beaucoup, jusqu'à arriver à la maison où j'allais. La maison que j'ai vu construire. Que j'ai vu construire, brique par brique. Moi je n'ai jamais habité là. Mais c'était là où Belinha habitait, mariée à un autre. Là où elle a eu des enfants et des petits enfants. Là où elle vit seule aujourd'hui et qui ne sait même pas que je vais là, que je vais entrer dans cette maison, que je vais dire ce que j'ai à dire, après 50, 50 années, car il manque toujours un mot. Un seul mot que je porte avec mon costume et mon chapeau. Et une agonie dans le cœur, profonde. Car il manque toujours un mot. C'était maintenant.

[Hoje minha querida aluna Cécile Duret me mandou a versão final do conto "Belinha", de Marcelino Freire. Aqui seguem dois parágrafos.]


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